IMMOVERT - Votre Expert Jardin
Mon blog

Introduction à la taille fruitière ou taille trigemme des pommiers/poiriers

IMMOVERT - La taille du poirierLa taille fruitière est fondée sur l'observation de la végétation et doit s'adapter aux réactions des arbres. Il existe plusieurs types de taille susceptibles de provoquer et d'améliorer la fructification, en diminuant considérablement l'alternance de bonnes et de mauvaises récoltes.
La taille de fructification pratiquée sur les coursonnes vise à favoriser la transformation des organes stériles d'un arbre en éléments fertiles. Mais l'emplacement des éléments favorables à la fructification varie selon les espèces. Sur pommiers et poiriers, par exemple, on retrouve constamment dans chaque coursonne l'antagonisme entre la vigueur des éléments stériles favorisés par la sève brute et la fertilité des éléments de faible vigueur donnant des boutons à fleurs. Dans ce cas, le but de la taille est d'utiliser les parties supérieures de la coursonne pour "user" la sève brute, alors que dans les parties médianes et basses de cette même coursonne, la sève élaborée transformera les yeux en éléments favorables à la fructification. (Nous reviendrons prochainement sur la rédaction d'un article traitant de la sève brute et de la sève élaborée). Lorsque celle-ci sera définitivement installée, on supprimera les parties vigoureuses et stériles de la coursonne. On favorise ainsi l'alimentation des fruits se trouvant alors à l'extrémité de la coursonne. Sur certains cultivars de vigne, la partie la plus basse de la coursonne est stérile et la fructification ne peut se rencontrer que sur des éléments de la partie médiane des rameaux.
(définition- cultivar: Un cultivar est une variété de plante obtenue en culture, généralement par sélection, pour ses caractéristiques « réputées uniques »).
Sur de nombreuses espèces, on peut pratiquer deux types de taille:
 
- la taille courte, encore appelée taille classique, et, parfois, improprement, " taille trigemme"; on l'applique aux arbres formés en palmettes, fuseaux, gobelets, etc.;
 
- la taille longue, d'application plus souple, employée de préférence sur arbres vigoureux ( haies fruitières, par exemple).
 
Ces deux types comportent de nombreuses variantes adaptées localement à certaines espèces, formes ou climats.
 
Sur poirier et pommier déjà formés ( branches charpentières ):
 
Concerne les formes suivantes:
 
Pyramide, toupie, colonne, fuseau, gobelet, cordon simple et double,
palmettes, u simple.
 
IMMOVERT - La taille du pommier Cette taille se pratique en période hivernale entre les mois de décembre à mars.
Les organes ligneux que l'on rencontre en hiver sur le poirier et le pommier sont au nombre de six: le gourmand, le rameau à bois, la brindille, le dard, le bouton à fleurs et la bourse.
 
Le gourmand est un organe stérile très vigoureux dépassant souvent 1 m de longueur. Il apparaît généralement aux coudes des charpentières ou sur la face supérieure des branches horizontales. C'est un élément très difficile à mettre à fruits, qu'il faudra tailler long, arquer ou supprimer sur empattement.
( définition - charpentière: branche principale partant du tronc et portant des rameaux secondaires )
 
Le rameau à bois est également un  organe stérile, mesurant de 20 à 60 cm de longueur et dont l'empattement a environ le diamètre d'un crayon. Lorsqu'il est de force moyenne et bien constitué, c'est l'élément idéal pour former une coursonne. Si ce rameau a été pincé en cours de végétation, il a pu donner à son extrémité un élement secondaire, mal lignifié, d'écorce souvent plus rougeâtre et moins dure: c'est un rameau "anticipé" dont on ne tiendra pas compte pour le choix raisonné du mode de taille et qui sera alors supprimé.
(définition - Coursonne: Partie ligneuse d'un arbre fruitier à pépin qui porte les fruits. Il faut essayer de réduire au maximum la longueur des coursonnes de manière à respecter au mieux la forme fruitière).
 
La brindille est un rameau à bois à faible diamètre; sa longueur peut varier de quelques centimètres à 30-40 cm. Lorsqu'elle dépasse 15 cm, on la raccourcit généralement à cette dimension.La brindille peut se terminer par un bouton à fleurs: on l'appelle alors brindille "couronnée".
 
Le dard est un organe faible, n'ayant reçu que peu de sève brute. Il présente à son extrémité un oeil en forme de cône. Il porte à sa base trois ou quatre cicatrices provenant des trois ou quatre feuilles s'étant développées en collerette lors de sa formation durant la dernière saison active. Le dard est un élement intermédiaire et instable entre l'oeil et le bouton à fleurs. Lorsqu'il est jeune, il est souvent sessile, plus proéminent que l'oeil. Il n'est intéressant qu'à condition de se transformer en bouton à fruits l'année suivante. S'il reçoit beaucoup de sève brute lors de la prochaine saison, il évoluera en rameau à bois ou en brindille et sera perdu pour la fructification immédiate. S'il ne reçoit pas suffisamment de sève, il s'allongera légèrement, deviendra pédonculé avec traces des attaches des feuilles tombées l'automne précédent ( cicatrices), mais ne terminera pas sa transformation en bouton à fleurs. Lorsque ce stade se renouvelle plusieurs fois notamment sur vieilles coursonnes, il se ride et se dessèche. Il est donc important pour sa transformation en bouton qu'il reçoive une quantité de sève élaboré limité mais indispensable à son évolution.
 
Le bouton à fleurs, encore appelé bouton à fruits ou "lambourde", est le résultat de la transformation d'un dard de l'année précédente. Durant l'été, il est entouré d'une collerette de six à dix feuilles. Après leur chute, le bouton apparaît en hiver comme un organe légèrement gonflé, ovoïde, recouvert d'écailles plus ou moins brunes selon les cultivars, imbriquées les unes sur les autres; les écailles le protègent des intempéries pendant la période de repos de la végétation.
Le bouton contient les fleurs à l'état embryonnaire. Il s'épanouit avant le départ en végétation des yeux à bois et donne une inflorescence pluriflore, entourée d'une collerette de feuilles. On le rencontre sur les coursonnes ou, sous l'effet de la taille, la transformation de l'oeil à bois en bouton dure normalement deux ans, parfois même trois ans, selon l'état intermédiaire du dard. On peut également le trouver à l'extrémité des rameaux ( brindilles couronnées ) et parfois sur pommier, inséré directement sur le rameau de l'année ( bouton sessile ). Les yeux, dards et boutons à fleurs sont généralement glabres sur poirier et plus ou moins pubescents sur pommier.
 
La bourse est la base de l'inflorescence ayant donné naissance au fruit. A la récolte, celle ci persiste sur l'arbre sous l'aspect d'un organe renflé, constitué de tissus entravant quelque peu la circulation de la sève brute. C'est donc un organe qui favorise la formation d'autres dards ou boutons à fleurs. La bourse se trouve légèrement décalée par rapport à son point d'insertion sur la coursonne ( à l'exception des cas où elle est en position terminale sur brindille couronnée ). Elle présente souvent latéralement de nouveaux organes de production. Ceux ci constituent chaque année, après fructification, un nouveau coude. Après quatre ou cinq fructifications successives, le flux de sève qui parvient à l'extrémité de la coursonne constituée de plusieurs bourses est considérablement réduit. Cette faiblesse peut même la rendre pratiquement stérile. L'ensemble doit alors être restauré par rapprochement de la coursonne sur sa base. Le rajeunissement ainsi obtenu entraîne le percement d'yeux stipulaires ou adventifs. 
 
Maintenant que nous vous avons exposé les éléments essentiels à prendre en compte, nous pouvons passer aux différentes type de tailles.
 
1/ TAILLE CLASSIQUE OU TAILLE COURTE DE FRUCTIFICATION
 
Le but de la taille classique est d'obtenir une fructification aussi près que possible de la branche charpentière.
 
EVOLUTION D'UN RAMEAU A BOIS
 
Il est nécessaire de rappeler ici le style théorique mais néanmoins fréquent, de l'évolution normale d'un rameau à bois de vigueur moyenne, d'une longueur de 20 à 60 cm.
 
Première année:      Taille d'une rameau à bois de moyenne vigueur à trois yeux bien formés.
 
Deuxième année:      L'oeil de la base recevant peu de sève brute est resté
latent: l'oeil intermédiaire s'est transformé en dard: l'oeil d'extrémité, recevant le plus de sève brute à donné naissance à un rameau à bois. On pratique la taille du rameau à un oeil comme appel sève afin de doser l'alimentation du dard et d'aider à se transformer en bouton à fleurs.
 
Troisième année: L'oeil de la base s'est transformé en dard, le dard en bouton à fleurs et l'oeil conservé à la base du rameau à donné un autre rameau à bois.
La fructification étant établie, on taille sur le bouton à fleurs pour le renforcé, le dard de la base se transformera en bouton à fleurs pour l'année suivante.
 
La taille trigemme demande de la connaissance, de la réflexion et de se projeter lors de la sélection sur les 3 années à venir pour obtenir une fructification équivalente tous les ans.
 
Cette taille est un éternel compromis entre la végétation et la fructification. Elle est plus ou moins longue selon la vigueur des coursonnes et la disposition de leurs organes ainsi qu'en fonction de leur position ( haute, latérale, basse ). Elle diffère donc suivant les coursonnes et vise:
 
- à allonger la coursonne pour user sa vigueur vers l'extrémité et établir une zone fruitière à sa base ( dards);
 
- à alimenter (couvrir) ces dards suffisamment mais sans excès, afin qu'ils puissent se transformer dans l'année en boutons à fleurs;
 
- à revenir sur les boutons à fleurs les mieux placés afin de renforcer la fructification, tout en ménageant l'avenir;
 
- à exploiter les bourses ou tout autre organe fructifère tant que les fruits sont encore d'un beau calibre;
 
- à restaurer la coursonne vieillissante en la rapprochant de la charpentière pour faire évoluer les yeux stipulaires ou des yeux adventifs qui donneront de nouveaux rameaux à bois; on recommencera la taille de ceux ci selon les mêmes règles que lors de la première génération.
 
2/ TAILLE LONGUE
 
Par manque de temps ou de main d'oeuvre qualifié, ou dans un souci de privilégier le rendement au détriment de l'harmonie des arbres, la taille courte est quelquefois remplacée par un système fondé sur l'exploitation des rameaux latéraux en coursonnes longues ou plus ou moins arqués. Dans ce cas, la taille vise seulement à modifier les tendances naturelles du cultivar afin d'obtenir la fructification.
La taille longue est pratiquée le plus souvent sur des sujets suffisamment vigoureux et fertiles. Elle doit s'accompagner de l'éclaircissage des fruits destiné à améliorer le calibre des fruits conservés.
On regroupe sous la dénomination de "taille longue" des opérations distinctes telle que l'arcure et le long bois.
L'arcure peut être naturelle ou provoquée. Elle est naturelle à la suite de la courbure d'un rameau long et souple sous le poids des fruits. Dans ce cas, la courbure s'accentue au fur et à mesure du grossissement des fruits. Elle favorise le départ, sur la face supérieure, près de la base du rameau arqué, d'un bourgeon qui servira ultérieurement à son remplacement.
On parle d'arcure provoquée lorsque l'on attache l'extrémité d'un rameau ou d'un bourgeon aoûté dans une position plus basse que son empattement. Dans ce cas, l'oeil terminal sert d'appel sève alors que les yeux de la partie descendante de l'arcure se transforment en dards et boutons à fleurs. Lorsque les boutons à fleurs sont obtenus, on supprime les rameaux intermédiaires et la branche est libérée de son attache.
La taille à long bois s'applique aux rameaux implantés horizontalement ou que l'on palisse sous un angle proche de l'horizontale. Cette taille consiste à "user" la sève brute dans les éléments vigoureux provenant des yeux placés sur la face supérieure; on provoque ainsi l'apparition d'organes plus faibles ( dards et boutons à fleurs ) sur les yeux inférieurs et latéraux.
Utilisée plus souvent sur pommiers que sur poiriers, la mise à fruit s'obtient en deux ou trois ans et se prolonge ensuite par la maîtrise de la vigueur au profit de la fructification. Après établissement de la première fructification deux solutions se présentent:
 
- rajeunissement de la coursonne par rapprochement sur le rameau à bois de la base du long bois ayant fructifié et palissage de celui-ci vers l'horizontale afin de l'exploiter comme élément originel;
 
- poursuite de l'exploitation fruitière avec présence de dards et boutons à fleurs sur les bourses; suppression des organes stériles situés sur la face supérieure.
 
Pensez à réserver votre cours de jardin " rubrique Nous contacter "  votre coach vous apprendra la taille de vos pommiers et poiriers.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
RSS Devenir Fan

Articles récents

Les soins
Comment les utiliser ?
Comment les planter ?
L'organisation du massif
Comment les choisir ?

Catégories

Accueil
Etudes et réalisations
Installations et équipements du jardin
Les bulbes à fleurs
Les gazons
Les maladies des rosiers
Les maladies et parasites
Les parasites des rosiers
Les plantes vivaces
Les Rosiers Meilland
Les tailles fruitières
Les terrasses et balcons
Problèmes courants sur végétaux
Questions jardin
fourni par